C’était un matin gris devant le lycée. Le kiosque sentait la réglisse et les pièces froides. Quand le portail se refermait, tout le sol vibrait. Un groupe de lycéen·nes occupait le trottoir comme si c’était le leur ; à côté, un petit garçon de primaire tenait son sac de bonbons contre lui.
Je vois comment ils entourent le garçon. L’un fait des blagues, un autre tend la main et, au milieu des rires, le sac de friandises passe dans les mains du plus âgé. Le petit reste avec les doigts vides, regardant le sol. Je regarde autour : les enseignant·es sont loin, les camarades détournent le regard, personne n’intervient. Moi non plus je ne fais rien. Je veux juste passer inaperçu·e et me sentir dans le groupe. Mais ça arrive souvent, tout au long du cours. Chaque fois que je le vois, je me sens honteux·se de moi-même, comme le sucre collant des dragées : doux à l’extérieur, mais à l’intérieur je sens que quelque chose ne va pas.
« Hé, partage… ou mieux, donne-les-moi. »
« C’est juste une blague, mec. »
(chuchoté) « Rends-les, ce n’est pas à toi. »
« Et toi, qui es-tu ? »
En tant que témoin, concierge ou adulte référent, concevez une réponse sûre et efficace :
1. Maintenant (10 minutes) : se tenir avec l’enfant, nommer le comportement (« tu prends quelque chose qui n’est pas à toi »), faire appel à un adulte à proximité, proposer un remplacement immédiat et collecter les données (qui, où, quand).
2. 72 h : débriefing formel, conversation réparatrice si l’enfant le souhaite (retour/paiement, excuse, accords) et suivi à l’accueil.
3. Structurel (30 jours) : « zone sûre » à l’entrée, présence visible d’adultes, mentorat par les plus âgés, campagne de témoins actifs et conséquences claires en cas de récidive.
Rôles autour de la table : narrateur témoin, chef de groupe, complice, enfant de primaire, concierge/enseignant·e de service, camarade allié·e.